Dans le cadre de la fameuse banderole déployée par des supporters du Paris Saint-Germain lors de la finale opposant ce club au RC Lens, le verdict est tombé.
On le rappelle, la banderole de cette dizaine de supporters parisiens qui n'était pas du meilleur goût, et hélas d'un banal effrayant dans le monde du ballon rond, disait : "Pédophiles,
chômeurs, consanguins : bienvenue chez les ch'tis". Cette affaire fait grand bruit, au point que les français la connaisse mieux qu'un certain nombre d'éléments politiques qui les
concerne au premier plan.
C'est un sujet visiblement plus passionnant pour les journalistes, que les propos scandaleux tenu par la gauche française dans sa lutte pour la régularisation massive des travailleurs clandestins,
par exemple.
Pour la Ligue, le Paris Saint-Germain est donc coupable de .... "xénophobie" (?). Une banderole jugée "xénophobe" mais "pas raciste" selon la
Ligue.
Apparemment, la Ligue a une très haute conception du distingo entre ces deux choses ...
Ce qui a donc valu une interdiction de participer à la Coupe de la Ligue de l'an prochain au club parisien, mais aucun retrait de points contrairement au SC Bastia, qui pour des faits similaires
s'est vu retirer 3 points dans la division inférieure.
Du grec "xenos" étranger et de "phobos" peur ou rejet, on croyait la xénophobie réservée aux étrangers, principalement condamnable et condamnée lorsque ces étrangers sont
noirs ou maghrébins, mais désormais cela est étendu entre gens supportant des équipes sportives différentes.
Ainsi, on apprend des appréciations d'ordre sémantique très passionnantes de la part de la Ligue cherchant à justifier cette décision qui a fait grincé quelques dents.
Par exemple, un parisien n'aimant pas un ch'ti est donc xénophobe, dans la mesure où le parisien s'identifie en tant que tel et qu'il identifie le ch'ti comme membre d'une autre communauté ; et que
bien évidemment ce premier rejetterait le second.
Pourtant, lorsque l'on sait qu'une grande partie des parisiens ne sont pas de la région Ile de France, et que beaucoup sont originaires du Nord-Pas de Calais,n'y a-t-il aucun supporter d'origine
nordiste au Parc des Princes ?
Si l'on pousse ce raisonnement, cela voudrait donc dire que ces supporters parisiens que l'on s'empresse de désigner comme étant nationalistes et pour certains du Front National, n'auraient donc
aucune conception d'appartenance à une nation française à laquelle appartiennent tous autant ch'tis que parisiens.
En conséquence et puisqu'il en est ainsi, ces parisiens là ne sont donc pas des nationalistes ou des patriotes, puisque nationalistes et patriotes perçoivent la nation ou la
patrie comme un ensemble indivisible composé de certains groupes : ch'tis et parisiens en étant des composantes.
Le nationalisme ou le patriotisme ne sont donc pas en cause.
Plus simplement, au delà des sentiments attribués à tel ou tel de ces supporters parisiens, le seul motif valable qui aurait pu être mentionné, c'est principalement "la bêtise humaine" ou
l'imbécilité d'un petit nombre très minoritaire de jeunes gens, pour qui cette banderole relève surtout de la blague de mauvais goût.
C'est d'ailleurs généralement le "manque d'éducation" que l'on relève chez les sportifs du dimanche lorsque la récurrente insulte "sale blanc" est lancée.
Mais étant donné la mode actuelle, on préfère trouver une xénophobie comme motivation à ces stupidités, ce qui est politiquement correct pour le système passé d'une lutte des classes d'antan à une
lutte de race actuelle, où tout le monde est "racialisé" au sein d'une communauté ; et d'un contexte de manichéisme, où le rôle du méchant est bien évidemment interprété par des gens que l'on
désigne comme nationalistes ou patriotes .... ce qui arrange un certain nombre de personnes en fin de compte.
Un peu comme pour les récents propos qu'aurait eu tel ou tel personnage du FN, les journalistes ont surtout réussi l'habile manoeuvre qui consiste à détourner l'attention des français de
leur malheur quotidien, dont UMP et PS sont pourtant coupables.
Patriote français en 2008, c'est comme juif autrefois : le bouc émissaire expliquant tout les malheurs de la société a été tout trouvé !