
Jeudi 29 novembre 2007, 20h00 : grand récital de pipeau interprété par Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy, dans son intervention télévisée d'hier soir, n'aura finalement convaincu que lui, à défaut que les français aient gobé les inepties et autres insanités déblatérés par son Excellence.
Interrogé sur les banlieues, il n'y a pas de problèmes puisqu'il est revenu de Chine.
Donc tout va bien, puisque Zorro est de retour avec sa cape et son épée.
Il s'est contenté d'un froid constaté, estimant qu'il est inadmissible de voir un fonctionnaire de police se faire tirer dessus par un "voyou" ... a moins que ce ne fussent des "racailles".
Oui, effectivement cela l'est !
Et ces incidents se sont développés surtout depuis qu'il était lui-même Ministre de l'Intérieur, c'est-à-dire en charge d'une insécurité dont il est partiellement comptable : ce même bilan sur l'insécurité qui avait valu son autosatisfaction à l'heure de faire les comptes durant la campagne présidentielle.
Sarkozy a donc vu juste : il a tiré un constat terrible et juste sur son propre bilan et son propre échec place Beauvau.
Interrogé sur le pouvoir d'achat en berne, alors là l'illusionniste a sorti un de ses plus beaux tours de magie.
Les solutions de son Excellence sont extraordinaires puisqu'elles sont déjà censées être appliquées.
1er Exemple : "la monétisation des RTT", c'est-à-dire remplacer en argent les RTT non utilisés.
Nicolas Sarkozy souffre d'Alzheimer. Cela a déjà été mis en place dans le secteur privé comme dans le public.
Pour la fonction publique d'Etat, les fonctionnaires ont été conviés à renoncer à 3 à 5 jours de RTT en échange d'un supplément sur la paye, cela dans le cadre de mesures sur le pouvoir d'achat.
Malheureusement, tout le monde n'est pas aux 35 heures, tout le monde ne bénéficie pas de RTT, et ce ne sont certainement pas les retraités ou les chômeurs qui en jouissent.
2nd exemple : les entreprises pourront négocier des accords majoritaires pour "s'exonérer des 35 heures
en échange d'augmentations de salaires".
En voilà une idée qu'elle est bonne. Dommage pour Sarkozy que d'autres l'ait eu avant
lui.
Une loi quasi similaire est déjà passé en ce sens sous la législature précédente. Ceux qui ont voulu et pu négocier, sur la base de l'acord et du volontariat, ont eu largement le temps de le
faire.
3ème exemple : "aller très loin" pour faire baisser les prix dans les grandes surfaces, après le vote de la loi Chatel, dans le même ton que
la précédente qui portait le nom de loi Dutreuil, concoctée il y'a 3 ans.
Elle permettrait aux distributeurs de réintégrer la totalité des marges arrière dans leur prix de vente. Autrement dit, les sommes versées aux grandes surfaces par les fournisseurs en échange de
la promotion de leurs produits.
Sauf que celle-ci n'aura comme seul impact mécanique et encore, que de freiner la hausse des prix. Aucune baisse ou stagnation conséquente à l'horizon, qui sans augmentation conséquente du
pouvoir d'achat se soldera par une opération nulle.
4ème exemple : Sarkozy propose "le déblocage des fonds de participation".
Sauf que là aussi, le bateleur fait fort,
puisque Breton (qui entre autre a succédé à Bercy au Ministère de l'Economie et des Finances à un certain Sarkozy) en 2005, s'était chargé de faire passer une loi supprimant le délais de 5 ans
pour le déblocage de ces fonds.
Cela ne concerne donc que certaines entreprises bien ciblées, et représentant si peu sur le nompbre total de salariés qu'on est loin de la Révolution de 1789 du pouvoir d'achat.
5ème exemple : concernant le travail le dimanche "Je veux que les salariés qui veulent travailler le
dimanche puissent le faire sur la base de l'accord, du volontariat, qu'ils soient payés le double."
Proposition baignant dans une démogagie complète, puisque c'est déjà le cas dans
certaines entreprises d'une part.
Pour les autres, on doute fort qu'avec l'ensemble de tous les frais que cela engendre pour 2 ou 3 pèlerins venant sur leur lieu de travail, le travail étant qui plus est payé double le dimanche,
certaines entreprises puissent se le permettre. Car la crise ne concerne pas que les salariés mais aussi l'entreprise et notamment les PME, qui sont celles qui emploient le plus.
Pas un mot en revanche concernant retraités, chômeurs, étudiants qui sont les trois catégories les plus visées par l'exclusion et la précarité.
Pas un mot non plus pour les non salariés pour lesquels il y'aurait aussi fort à faire.
La démagogie de la hausse du SMIC chantée par les socialistes ne vaut donc pas mieux que la démagogie de son Excellence.
En conséquent, le blabla de Sarkozy une heure durant, devant les caméras de TF1 et France 2, et sous le regard abruti des deux journalistes, n'aura été que du vent, une nouvelle leçon de pipeau
par le maître chanteur, saint patron "St Nicolas" des magiciens illusionnistes de ce bas monde.
Pour le pouvoir d'achat, en gros c'est "démerdez-vous".
On en connaît un autre qui en revanche n'a pas lésiné à s'augmenter son salaire de 206%, le faisant passer de 8000€ à 19000€ par mois, sous prétexte que, quel horreur, Fillon gagnait plus que
lui.
En voilà un qui consommera bien pour la Noël approchante.
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