
Mouloud Aounit
Un ancien président du MRAP, démissionnaire en l'an 2000 au moment où s'amorce ce tournant, Alain Callès, déclarait à propos du MRAP « il est évident qu'il a abandonné dans son combat antiraciste, ses références aux principes fondamentaux qui constituaient sa colonne vertébrale. En obscurcissant les principes laïques à l'ombre du voile puis en développant le concept d'islamophobie, il ouvrait la voie à un communautarisme à l'anglo-saxonne et perdait progressivement pied avec les principes d'égalité et de citoyenneté. La citoyenneté n'est plus le combat du MRAP » (Charlie-Hebdo n° 713 du 15/2/06) Deux anciens présidents, François Grémy et Albert Lévy ont au contraire apporté leur soutien aux orientations actuelles du MRAP à la même période.
Sur ces points, lors du congrès de 2004, la ligne de la direction de Mouloud Aounit a été vivement contestée par un certain nombre de ses fédérations. Finalement Mouloud Aounit a réussi à conserver une majorité de 61% des exprimés.
Le MRAP a été accusé par un certain nombre d'intellectuels, par diverses associations dont l'Union des familles laïques (UFAL) ou encore par le Mouvement des Maghrébins Laïques de France de vouloir réintroduire un délit de blasphème, disparu avec la laïcité, et d'?uvrer ainsi contre la liberté d'expression. Ces accusations ont notamment été proférées lorsque le MRAP a voulu intenter un procès à Louis Chagnon, professeur d'histoire, pour avoir évoqué dans des termes contestables devant des élèves de 5ème les activités guerrières de Mahomet dans un cours sur l'islam. Le MRAP a également poursuivi en justice, sans obtenir gain de cause, avec la Ligue française pour la défense des droits de l'Homme et du citoyen et des associations musulmanes, l'écrivain Michel Houellebecq, celui-ci ayant déclaré : « La religion la plus con c'est quand même l'islam».
Le président du MRAP, Mouloud Aounit, déclare au journal télévisé de 13h00 de France 3 dans une réaction aux propos de Jean-Marie Le Pen : « la liberté de blasphémer et la liberté d'ouvrir le champ au racisme doit être condamnée avec la plus grande fermeté ». Sous l'effet des critiques de l'UFAL, Mouloud Aounit se ravisa dans une autre déclaration. Au sujet de ce propos, Mouloud Aounit précisera en 2006 sur le site du Nouvel Observateur : « Après les propos de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz et le doute qu?il a émis sur le nombre de juifs exterminés, j'ai estimé que cette déclaration était une offense blasphématoire à la mémoire des victimes de la Shoah. Le sens que je donnais à blasphème, c'était le caractère sacré de la protection de cette mémoire. C'est cela qui a été transféré en campagne. ».
En 2004, lors du débat sur le port du voile dans les établissements publics français, le MRAP soutient les s?urs Levy, filles d'un des avocats du mouvement, lycéennes qui refusent d'enlever leur voile islamique dans leur lycée . Il est alors encore une fois sujet d'autres critiques qui l'assimilent à un mouvement pour l'unique défense et de prosélytisme de l'islam. Au journal de France 2 le 6 janvier 2005, Mouloud Aounit intervient sur le cas d'élèves exclus de la cantine parce qu'ils avaient refusé de manger des plats non "hallal" et il suggère que les élèves puissent avoir le choix entre plusieurs plats. Cette intervention,qui peut être critiquée quant à sa faisabilité pratique a été aussi présentée comme une défense de l'islam.
Le mouvement s'est aussi associé dans des déclarations et conférences à l'intellectuel controversé Tariq Ramadan, notamment au Forum Social Européen à Ivry sur Seine. Selon l'essayiste et polémiste Caroline Fourest, c'est Tariq Ramadan qui a apporté au mouvement le concept de lutte contre l'islamophobie pour faire condamner le blasphème et les critiques de l'islam en France. En 2003, la section de Paris du MRAP prendra la défense de Tariq Ramadan à la suite de son article controversé sur notamment certains intellectuels juifs.
En 2006, suite à la publication des Caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten dans le journal France-Soir, le MRAP est la seule association avec le Conseil français du culte musulman à porter plainte contre ce journal. Répondant à des internautes inquiets de ce qu'ils perçoivent comme une dérive identitaire et religieuse, Mouloud Aounit répond: « J?estime que le droit au blasphème fait partie intégrante de cette exigence démocratique ». Cette notion de lutte contre l'islamophobie, chère au président du mouvement Mouloud Anounit, est contestée au sein même du mouvement et a provoqué des conflits et des démissions. Emmanuelle Le Chevallier, ancienne présidente de la fédération de Paris estime que ce « ce concept va à l'encontre du principe d'universalité et confond défense de l'homme et défense d'une religion ».Pour Gérard Kerforn, président de la fédération des Landes, la promotion de ce concept d'islamophobie est « un tiers-mondisme primaire, qui conduit à tolérer dans les religions dites "des pauvres" ce que l'on n'aurait pas toléré pour d'autres religions ».
Certains de ses détracteurs voient ses prises de positions en faveur d'un islam radical.
Plus généralement, le mouvement est critiqué concernant ses prises de positions clairement contre Israël dans le conflit israelo-palestinien, ainsi que par certains mouvement et intellectuels dont Alain Finkielkraut pour son mutisme quand il s'agit de dénoncer le racisme anti-blanc.
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